Guy GEOFFROY, nouveau Président du SIVOM de la vallée de l'Yerres et des Sénarts
L'Edito du député

Fin de session

Engagée dès juillet 2007 avec une session extraordinaire du parlement particulièrement chargée, l’action réformatrice de la majorité, sous l’impulsion du Président SARKOZY et la conduite de François FILLON et de son gouvernement, s’est poursuivie et amplifiée dans des proportions rarement atteintes jusque là.
Le rythme a pu surprendre, mais c’est très volontairement que nous avons souhaité aborder toutes les questions de front car nous sommes persuadés que c’est en conjuguant les réponses que nous sortirons de l’endormissement fatal dans lequel le pays s’est trouvé du fait de trois législatures socialistes démobilisatrices pour ses forces dynamiques.
Certaines réformes ont pu troubler, soit parce qu’elles sont allées très loin dans le sujet auquel elles s’affrontaient, soit parce que leur complexité ou leur caractère novateur étaient à la fois déstabilisateurs et difficiles à bien expliquer en profondeur et donc à faire admettre.

Mais une réalité est là, bien présente : avec Nicolas SARKOZY, nous avons délibérément assumé les engagements du printemps 2007 et nous allons poursuivre dans cette voie.

Parmi les grands sujets sur lesquels nous avons substantiellement fait « bouger les lignes », on rappellera les « peines planchers » pour les délinquants récidivistes, première loi de la législature que j’ai eu l’honneur de rapporter auprès de Rachida DATI. On soulignera avec fierté le fameux « paquet fiscal » si injustement présenté comme un ensemble de « cadeaux aux riches » alors que plus de 90% de ses dispositions concernent celles et ceux qui ont besoin de voir leur pouvoir d’achat croître et qui, grâce aux mesures qu’il contient, ont déjà commencé à en bénéficier.
On citera aussi l’important travail engagé pour la libération des énergies dans nos universités, avec, au passage, la réussite de l’intégration des IUFM en leur sein, à propos de laquelle je suis heureux de constater que le gouvernement s’apprête à reprendre et à mettre en œuvre les propositions que j’ai formulées auprès de François FILLON et des ministres concernés s’agissant en particulier de la « mastérisation » du métier d’enseignant.
On n’oubliera pas le formidable élan donné par le « Grenelle de l’environnement » à notre politique globale en matière de développement durable et de « plan de bataille » lancé tous azimuts contre le réchauffement climatique et ses conséquences dramatiques pour notre planète, œuvre que nous allons concrétiser à l’automne avec la première loi de mise en œuvre des décisions du « Grenelle ».
On insistera sur les dispositions nombreuses et concordantes visant non pas à supprimer les 35 heures comme référence maintenue du temps de travail hebdomadaire des salariés et en particulier des cadres, mais plutôt à créer de la liberté de choix et de la richesse en plus à partager dans nos entreprises pour gagner définitivement la bataille de l’emploi et du pouvoir d’achat.
On saluera la remarquable réussite de la France, grâce à la ténacité de son Président, en matière de relance de la machine européenne. Et ce n’est pas « l’accroc Irlandais », dont il faut savoir respecter le message mais dont il faut impérativement surmonter les conséquences, qui masquera les débuts remarquables et remarqués de la Présidence française de l’Union Européenne dont il faut espérer des prolongements positifs pour notre continent et pour notre pays.

On ne pourra bien sûr pas passer sous silence la récente et profonde révision constitutionnelle approuvée par le Congrès du parlement.

Il est public que je n’ai pas voté cette réforme et je ne chercherai pas à éluder toutes les questions qui pourraient légitimement m’être posées à ce sujet.
Nicolas SARKOZY, avec lequel j’ai eu un long et très cordial entretien à ce propos la semaine passée, connaît, comme François FILLON, Jean-François COPE et « tous les autres » les nombreuses raisons de fond qui m’ont conduit, dès l’origine, à marquer mon interrogation sur l’opportunité de cette réforme, puis à manifester mes inquiétudes sur certaines dispositions, enfin à regretter que le cours de l’examen par les deux assemblées n’ait pas permis de « rectifier le tir » sur certaines d’entre elles que je sais, en conscience, sources de difficultés futures pour les équilibres profonds dans le fonctionnement démocratiques de nos institutions.
Je me suis volontairement abstenu de « faire campagne publique » contre ce texte, ce que d’aucuns ne se sont pas privés de faire, parce que je souhaitais à la fois être respecté dans mes analyses et respecter les intérêts d’une majorité à laquelle, jamais, ma voix n’a manqué depuis mon entrée au parlement.
Je suis intimement et profondément persuadé que le texte qui a été voté contient trop d’erreurs d’appréciations et que la portée d’un nombre important de dispositions n’a pas été suffisamment évaluée. Il est en effet hasardeux de croire accroître les attributions du parlement au moment où certaines dispositions conduisent inéluctablement à l’affaiblissement du gouvernement.
Je suis disponible auprès de tous ceux qui souhaiteront dialoguer avec moi sur ce sujet qui m’a toujours passionné et auquel je suis profondément attaché.

Mais que l’on soit d’ores et déjà assuré de deux choses fondamentales.

La première concerne la mise en œuvre de la réforme au travers des futures lois organiques qui doivent en découler : si j’ai combattu en conscience, mais sans violence ni outrance, cette réforme que je persiste à juger insatisfaisante, je prends acte de son adoption et ferai en sorte que ma compétence, si elle est appelée, soit mise au service de l’effectivité de l’application de notre loi républicaine fondamentale.
La seconde concerne mon engagement et le sens de mon vote : quelques minutes après avoir tenu devant les parlementaires réunis à son invitation hier midi à l’Elysée des propos positifs, ouverts et apaisants, Nicolas SARKOZY a tenu à me dire en tête à tête certes son regret de ne pas avoir réussi à me convaincre, mais surtout sa détermination à respecter ma conscience et ma conviction, assuré qu’il est que ma position n’a rien à voir avec une quelconque opposition avérée ou naissante à sa personne ou à son action. Son regard appuyé en ma direction, au moment de son intervention et alors qu’il saluait la capacité de respect de la diversité de notre majorité par opposition à l’archaïsme d’une gauche « coupeuse de tête », est le meilleur gage que c’est bien entre amis qu’il faut admettre nos éventuelles divergences sans que cela ne vienne, bien au contraire, altérer notre volonté profonde d’avancer ensemble pour l’intérêt supérieur de notre pays.

A tous je souhaite un été reposant et générateur d’énergie nouvelle. Quant à moi, je poursuivrai, dès mon retour, mon action déterminée au service de chacune et chacun d’entre vous en participant de toutes mes forces à tout ce qui permettra à notre pays de sortir définitivement des périls et des incertitudes.

Guy GEOFFROY, ce jeudi 24 juillet 2008