L'Edito du député

Quand les temps sont difficiles….. !

La première décennie de ce nouveau millénaire n’aura pas épargné grand monde. Frappés en plein cœur le 11 septembre 2001, la planète et le monde libre qui œuvre pour son avenir ont depuis traversé mille embûches, peinant à se redresser après chaque offensive du sort qui s’acharne.

Ainsi, en cette mi-2010 devons-nous faire face aux multiples questions cruciales qui viennent percuter nos projets et nos ambitions.

C’est que le passé, quand il n’a pas reposé sur des bases responsables, finit toujours par nous rattraper et par nous faire payer le prix fort de nos inconséquences.

C’est le cas, chez nous, avec le lourd dossier du financement des retraites que nous venons d’ouvrir au plan parlementaire lors des premières réunions de commissions qui se sont tenues le 20 juillet.

Nous sommes dos au mur : c’est bien pour cela qu’il faut affirmer haut et fort la réalité des responsabilités, pour mieux affronter la question…et la résoudre !

Nul ne pouvait ignorer, à l’aube des années 80, que la question du financement de nos retraites par répartition se poserait rapidement : la lecture de nos évolutions démographiques montrait clairement le déséquilibre naissant entre le nombre d’actifs, en diminution inexorable, et celui des futurs retraités, en augmentation inéluctable ; l’allongement régulier et continu de la durée de vie venait ajouter au constat un élément essentiel qu’il fallait prendre en compte. En rappelant cela, j’éprouve une certaine émotion en me remémorant les quolibets qui avaient accompagné Michel DEBRE lorsqu’il prédisait un avenir sombre pour nos retraites si nous ne prenions pas en compte la réalité….

Et c’est à ce moment que la France, en proie à l’idéologie des « lendemains qui chantent » a pris le seule décision qu’il ne fallait pas prendre, celle qui a consisté, à l’inverse de ce que faisaient tous les gouvernements responsables, à faire passer brusquement l’âge du départ en retraite de 65 à 60 ans.

Quelques années plus tard, au nom de la même idéologie et avec la même irresponsabilité, ce sont les mêmes qui ont pris la lourde décision de faire moins travailler les français en les assurant que notre pays avait les moyens de s’offrir ce luxe alors que la nouvelle économie mondialisée avait déjà largement pointé son nez avec son cortège de restructuration et de nouveaux écueils !

Alors je le dis sans ambages : ces gens là, qui ont par leurs décisions mis le pays en grave péril, sont totalement disqualifiés pour donner des leçons et prétendre détenir les solutions à ce délicat problème qu’ils ont non seulement ignoré mais bien pire aggravé.

Alors je le dis avec la même assurance : ces gens-là ne tromperont durablement personne en ourdissant en permanence le complot « anti Woerth » dans l’unique souci d’attaquer l’homme pour mieux installer l’écran de fumée entre la réalité et leur capacité à y faire face.

Et, une fois de plus, c’est à nous, républicain éclairés et responsables, qu’il revient de traiter en profondeur une question que nous sommes les seuls à avoir eu le courage d’aborder, par étapes successives, depuis bientôt 20 ans.

Et nous allons y parvenir, car rien n’arrêtera cette volonté d’accomplir la mission qui est la nôtre, qui est de mettre un terme à tant d’années de déficits cumulés et désormais sources de graves et imminents périls pour notre avenir collectif.

Nous allons le faire avec sérieux et avec la volonté d’accompagner le nécessaire rééquilibrage financier de notre régime de répartition de toutes les dispositions, déjà engagées, mais qui vont être améliorées, concernant la meilleure prise en compte de la pénibilité, de la durée des carrières dites longues et de la situation parfois douloureuse dans laquelle se trouvent de nombreuses femmes au moment de mettre un terme à leur vie professionnelle.

Peu de majorité auront, au cours de l’histoire, affronté avec autant de courage l’ensemble des dossiers qui s’accumulent sur notre parcours. C’est bien pourquoi nous sommes déterminés à tenir bon.

Engagé au maximum de mes capacités dans cette bataille pour l’avenir de notre pays, j’entends continuer à cultiver à la fois ma profonde loyauté à l’égard du Président de la République, dont il vient de me remercier dernièrement par un mot personnel très touchant, et ma « différence », celle d’un homme libre et désireux d’ œuvrer à la gouvernance du pays et disponible pour rapprocher les points de vue et faire en sorte, au sein de la majorité, que la richesse de notre diversité l’emporte, le jour venu, sur les risques de nos divergences.

C’est le sens de mon engagement, à votre service et à celui de notre pays.

Que cet été soit pour chacune et chacun bienveillant et reposant. Qu’il nous donne les forces nécessaires au sursaut et à la reconquête de notre avenir.

Ce mercredi 21 juillet 2010,

Guy GEOFFROY